Paul Amar: du Baroque à l’Art Brut

Quel rapport, me demanderez-vous, entre les coquillages, l’art baroque et les masques africains?

Et bien tout simplement un artiste génial du nom de Paul Amar.

Né à Alger en 1919, Français, juif séfarade et catholique, il vit à ce jour dans une HLM parisienne où son talent créatif s’exprime dans toute son ampleur. Ancien coiffeur et chauffeur de taxi, il vit aujourd’hui des jours tranqilles avec son épouse, Rose. Obsédé par la création d’oeuvres grandiloquentes largement inspirées d’influences aussi diverses que le baroque, la religion catholique ou l’art africain, il mélange ces courants artistiques en créant des tableaux grandioses faits de coquillages les plus divers (huitres, coraux, bigorneaux, moules…) qu’il meule, cisèle et ajoure avant de les peindre à l’acrylique ou au vernis à ongle pour en faire des fresques parfois si immenses qu’il ne peut plus les sortir de la pièce où il les a crées.

Ses tableaux, mélanges de fonds marins, de scènes sacrées et d’images païennes se déclinent dans un ensemble de couleurs chatoyantes et vives et de mécanismes compliqués (certaines s’illuminent, jouent de la musique ou encore s’animent). Ils sont d’une complexité incroyable et chaque détail y est paufiné de telle façon qu’à chaque nouveau regard on y découvre un nouvel élément.

Ne se considérant pas comme un « grand artiste » mais comme un « bon ouvrier », Paul Amar est pourtant habité par son oeuvre grandiose. Se levant la nuit pour noter ses idées qu’il a vues en rêve, il passe des mois sur chacune de ses créations. Au final, cela donne une oeuvre sans précédent, totalement atypique qui s’inscrit dans le cadre de l’art brut.

Mais je ne vous en dirai pas plus, le mieux étant de vous faire une idée par vous-même. Pour ceux qui habitent la Suisse et ont l’occasion de passer par Lausanne, le fantastique Musée de l’Art Brut propose, outre d’autres oeuvres fort intéressantes, une séléctions de tableaux de Paul Amar. Ils ont aussi édité un DVD génial intitulé « Sa Sainteté Paul Amar, Pape des Coquillages » (un film de Philippe Lespinasse et Andress Alvarez).

Sinon, vous pouvez aller faire un tour sur le site du Musée www.artbrut.ch qui, s’il n’est pas très imagé, pourra vous faire découvrir de nombreux artistes et qui propose une très bonne définition de ce qu’est l’art brut pour ceux que ça intéresse.

Voilà pour aujourd’hui. Becs de Princesse Brunette.

Le retour du Vampire

Dans Marilyn Manson, c’est comme dans le cochon: tout est bon. Et c’est pas son dernier album, « Eat me, Drink me » qui va nous faire dire le contraire! Dès la première écoute, on tombe sous le charme avec « If I was your vampire », « Just a car crash away » ou encore « Heart-shaped glasses ». Le Révérand a expliqué à la presse que cet album, quasi entièrement autobiographique, raconte sa rupture d’avec sa femme Dita Von Teese et sa romance avec la très jeune actrice Evan Rachel Wood. Et tout ça, en tout cas, donne une suite de morceaux plus géniaux les uns que les autres. A la hauteur de son incontestable talent, cet album nous galvanise d’entrée de jeu et nous tient en haleine jusqu’à la dernière goutte avec un curieux goût de reviens-y.

On a vraiment l’impression que le talent du Monsieur est inépuisable, que son répertoire ne tarira jamais et, surtout, ne cessera pas de nous ravir. Au niveau esthétique aussi, le personnage est très intéressant et je vous conseille vivement d’aller jeter un coup d’oeil sur son site officiel à l’adresse http://www.marilynmanson.com/ , même si vous n’êtes pas particulièrement fan.

Au final, un album très propre et accrocheur. Un bémol cependant: sur la version remixée de « Heart-shaped glasses » version techno, Marilyn aurait pu se retenir car ce n’est pas vraiment une réussite et on se demande un peu où il voulait en venir. Mais bon, au vu de la qualité du reste, on est prêt à tout lui pardonner…

Bonne écoute.

Princesse Brunette

Et si on allait faire un tour au Park?

Aujourd’hui, croyez-moi, je suis un peu empruntée. D’abord, parce que je suis une grande grande fan de Linkin Park et que, vraiment, j’aurais adoré ne vous dire que du bien de leur dernier opus. Ensuite, parce que j’ai beau écouter et réécouter ce dernier album, j’en reviens toujours à la même conclusion: bof.

Allô? Mike Shinoda? Que passa in la cabessa? Bon, alors allons-y: l’album débute très bien avec le morceau instrumental d’ouverture « Wake » qui enchaîne sur l’excellent « Given Up » (peut-être le meilleur morceau de l’album). Mais ensuite… Il y a une espèce de flou artistique avec les morceaux suivants (« Leave Out All The Rest », « Shadows Of The Day »), ponctués tout de même par le très bon « What I’ve Done », qui nous rapelle les meilleurs moments du groupe… En fait, ce CD est presque un sur deux: un bon morceau pour un morceau popeux-mou-du-genou.

Il semblerait que le génial Mike Shinoda se soit exprimé sur la question en disant que lui et son groupe voulaient prendre un nouveau départ et s’éloigner un peu de leur passé de néo-metalleux. Résultat: un album qui manque curieusement de la saveur que l’on aurait aimé lui trouver. Les bons morceaux sont trop épars pour nous tenir à bout de souffle et on s’ennuie vite. En une semaine, j’ai eu l’impression d’en avoir fait le tour. Dommage car certains morceaux sont tout de même très prometteurs.

Enfin, si le coeur vous en dit, allez tout de même faire un tour sur http://linkinpark.com/ . Le site est un régal et on peut y écouter quelques bonnes chansons.

Bonne écoute.

Becs de votre Brunette

Le suspense selon Sean Olin

Fermez les yeux et imaginez: une grande ville américaine (Madison) au coeur de l’hiver. Un campus et son équipe de hockey, ses groupies de joueurs, belles, blondes, enthousiastes….

Ainsi débute « Qui veut tuer Britney? » de Sean Olin. Pour les fans de « Smallville » ou encore « Buffy contre les Vampires », vous serez comme un poisson dans l’eau dans cette atmosphère d’adolescents mi-insouciante mi-angoissante. Car pour Britney, la blonde, innocente et fragile héroïne de ce roman, l’insouciance va rapidement virer à l’angoisse lorsque son petit-ami est assassiné de façon atroce.

Peu à peu, autour d’elle, ses proches connaissent une fin tragique alors que la paranoïa de la jeune fille s’accroit: elle est persuadée que quelqu’un cherche à l’éliminer. Entourée de personnages qui ont tous un cadavre dans le placard, elle se rends compte qu’ils ne manquent pas de mobile. Mais qui donc veut la tuer… et pourquoi?

D’abord un peu rebutée par l’ambiance « ado » de ce roman, j’ai très vite accroché car l’action s’y déroule à une vitesse effrénée. La psychologie des personnages y est creusée et bien construite et nos soupçons passent d’un à l’autre sans jamais pouvoir vraiment se fixer. Au final, ce roman noir et violent nous laisse un sentiment de malaise et l’impression de s’être bien fait attrapper.

Surprenant.

Bonne lecture.                                      Princesse Brunette

La branlette rend sourd…mais pas toujours!

Guillaume Bodin a une manie: il passe son temps à se masturber. Dès son plus jeune âge, il s’asticote, se touche, se caresse le sexe. « A l’âge de 5 ans, enfant rouquin et rondouillard, je passais mon temps la main dans la culotte ». Les années passent et, malgré les visites chez le psy et les réprimandes de ses parents, la situation ne va qu’en empirant. A l’adolescence, Guillaume, se désintéresse des filles, de l’école et de tout ce qui n’a pas trait à son zizi. Ses journées ne sont occupées que par le rythme de ses incessantes branlettes. Au point que, jeune adulte, ses parents, désespérés, lui enjoignent de faire quelque chose de sa vie. Et, justement, ça tombe bien car sa vie va basculer à la lecture d’une petite annonce: banque de sperme cherche donneurs. Commence alors une série d’événements trépidents, drôles et inattendus jusqu’au dénouement final qui s’avère surprenant.

« Spermatofolie » de Guillaume Cochin est un livre qui se lit vite et bien et nous laisse au final un sentiment de ravissement, comme à la fin d’une bonne blague. L’écriture y est agréable, précise, sans détours superflus. Je l’ai lu en une soirée. Au fait… que faites-vous ce soir?

                                     Becs de votre Brunette

Princesse Brunette contre Méga-Condom

« Ma vocation d’écrivain est une conséquence directe de mon échec dans la carrière de super-héros. A huit ans, j’avais un mental d’acier, un mental de vainqueur ».

Ainsi commence l’aventure de Phil Dechine dans « Ecrivain (en 10 leçons) ». Se rendant rapidement compte que sa tenue de Méga-Condom n’impressionne pas vraiment les filles, il décide de se mettre à l’écriture dans l’espoir de capter leur attention. « J’allais devenir un très grand écrivain français, j’écrirais de vrai livres, elle ne pourrait que m’admirer. J’étais déjà français, c’était un bon début… » Débute alors une longue suite d’aventures et de mésaventures dans le monde de l’écriture et de l’édition pour arriver au succès dans son entreprise.

Phil Dechine est un auteur maudit, un écrivain incompris. Et force est de constater qu’il est difficile de le suivre dans ses pérégrinations sans perdre patience. Hilarant au premier chapitre, ce roman tombe vite dans l’absurde et j’ai eu beaucoup de peine à le finir, bien qu’il ne soit pas très long (188 pages).

Décliné comme une espèce d’autobiographie de l’auteur, Philippe Ségur, on a un peu du mal à trouver de la crédibilité au personnage.

En somme, le début est très drôle mais on aurait bien envie de dire que les histoires les plus courtes sont les meilleures. A vous de voir.

                                          Becs de Princesse Brunette

Sambre, au clair la lune te regarde

Vous reprendrez bien une petite tranche de Sambre?

Apparue en 1986, cette série romanesque au romantisme noir (et rouge) ne cesse de se développer avec un projet sur plusieurs générations de la famille éponyme qui voit se commercialiser aujourd’hui un nouveau volet de ses aventures.

Sambre, c’est le sang et l’ombre. Rouge comme l’amour, noir comme la mort, selon Yslaire, son génial auteur. Car toute la saga se décline en ces deux couleurs. Depuis la nuit des temps, les Sambre aux yeux noirs s’éprennent de femmes aux yeux rouges et cet amour, cette passion maudite, cet attrait morbide les mène à chaque fois à un destin tragique.

Depuis les amours tumultueuses de Bernard et Julie, dans « Plus ne m’est rien », on a fait un bout de chemin avec les Sambre. Leur folie destructrice, leur obsession pour l’héritage de leurs ancêtres et cette Guerre des Yeux qui les attire vers l’abîme, inexorablement.

Cette fois-ci, avec « La Guerre des Sambre », Yslaire nous dévoile un projet qui s’étendra sur plusieurs générations de la généalogie des Sambre. Ce « premier volet », intitulé « Hugo et Iris, chapitre premier: Le Mariage d’Hugo » nous permet de faire la connaissance du père de Bernard dont la présence pèse de façon angoissante sur la vie et la destinée de ce dernier dans les premier épisodes de la série.

On découvre un Hugo jeune, romantique et humaniste, prisonnier d’un mariage de raison, loin (mais pas tant que ça), de la folie destructrice de l’auteur de la « Guerre des Yeux ». On remonte aux sources de sa rencontre avec Iris, la mère de Julie.

Ce nouveau volet, magnifiquement illustré par Bastide et Mezil (il est prévu que chaque nouveau volet soit illustré par un dessinateur différent), entretient cet univers glauque et malsain auquel la série nous avait habitués. Et lorsqu’on arrive (trop vite) à la dernière page, on se dit que vivement la suite!

                            Bonne lecture.

                            Princesse Brunette