L’entretien d’embauche

ELLE: Pouvez-vous me donner trois qualités vous concernant?
MOI: Je suis belle, intelligente et drôle.
ELLE: Bon. Et vos défauts?
MOI: Si je vous dis le perfectionnisme et la tendance au surmenage, vous me croyez?
ELLE: Et donc, pourquoi postulez-vous aujourd’hui pour ce poste?
MOI: J’ai besoin d’argent. De beaucoup d’argent!!!!
ELLE: Avez-vous des références?
MOI: ET bien…. Mon copain me trouve super et ma maman dit que j’écris très bien le français!
ELLE: Je vois… Et vous souhaitez obtenir un poste de directrice dans notre société. Qu’est-ce qui vous attire dans ce poste?
MOI: Déléguer. J’adooooooore déléguer!
ELLE: Vous souhaitez passer d’un poste d’infirmière à celui de directrice. Quelle qualités pensez-vous avoir pour satisfaire le poste?
MOI: Une infirmière sait tout faire. Je peux donner des ordres aussi bien que déboucher les toilettes!
ELLE: D’accoooooooord…. Avez-vous des hobbies?
MOI (sortant une lime à ongle): Quelques-uns.
ELLE (avalant une gorgée d’eau): Vous pouvez être plus précise?
MOI: J’adore faire du shopping. C’est pour ça que j’ai besoin d’argent. Donc de travailler!
ELLE: Très bien, Madame….
MOI: Mademoiselle!
ELLE, perdant patience: ….Mademoiselle…. Nous allons réfléchir à votre offre et vous recontacter!
MOI, avec un clin d’oeil entendu: J’ai le poste, hein?

Hé non! Si vous vous demandez, mon entretien d’embauche de ce matin ne s’est pas passé comme ça. Mais merci d’avoir demandé!

Le premier qui l’a dit (Mine Vaganti)

“50mila lacrimeeeeeeee non basterano perché……..”
Si vous ne sortez pas de la salle avec cet air en tête après avoir vu “Mine Vaganti”, c’est à n’y rien comprendre! Et pourtant, ce n’est pas un film triste. Bon, un peu. Mais c’est surtout un film drôle, intelligent, touchant, incisif, subtil et bourré d’amour. D’amour mais aussi d’obstination, de dénégation, de frustration, et d’oppositions. En fait, “Mine Vaganti,” c’est la vie d’une poignée de personnages qui s’aiment mais n’arrivent pas toujours à se comprendre.
L’histoire relate la vie d’une famille du sud de l’Italie à la tête d’une fabrique de pâtes dont l’affaire est florissante. Tommaso, le fils cadet de retour de Rome, s’apprête à révéler, au cours d’un souper ou tous sont réunis, qu’il est homosexuel. Cependant, il se confie peu avant à son frère Antonio et, alors que Tommaso, au cours dudit souper, veut révéler son secret devant toute sa famille, Antonio lui coupe l’herbe sous le pied en prenant la parole pour annoncer qu’il est gay. La nouvelle déclenche alors une série de réactions en chaînes à la fois drôles et graves, grinçantes et navrantes qui nous montre qu’en 2010, l’homosexualité est encore loin d’être acceptée dans tous les milieux et toutes les cultures. Pourtant, l’Italie, ça n’est tout de même pas l’Afghanistan, hein…
Enfin bref. Ce film est beau. Il a une belle morale et une histoire plus subtile qu’il ne pourrait y paraître derrière un visage qui se veut d’abord divertissant et drôle. On aime, on est touché, on en redemande. En plus, le jeu des acteurs est savoureux et il est in-dis-pen-sable de le voir en version originale.
“50mila lacrimeeeeeeeeeeeeeee…….”
On vous aura prévenus!

Lisa Lutz: La Revanche des Spellman

Ceux qui me connaissent ou qui suivent ce blog le savent: il y a des oeuvres et des auteurs sur lesquels je fais une fixation de l’ordre du pathologique. Lisa Lutz et ses Spellman en font partie.
Voilà un moment que je guettais la sortie d’un troisième tome de cette saga désopilante. C’est pourquoi, lorsque, au cours de mes vacances d’été chez moi, vous savez, Dans-Le-Pays-Où-On-Parle-Le-Français-Et-Pas-Seulement-L’Allemand, je suis allée faire un tour dans ma chère bonne vieille Fnac. C’est là que, soudain, ignorant tout ce qui m’entourait à ce moment-là, j’ai laissé échapper un petit cri, plutôt un jappement: devant moi, sur le présentoir, se trouvait “La Revanche des Spellman”.
Pour ceux qui n’ont pas lu les deux premiers tomes, à savoir “Spellman et Associés” et “Les Spellman se déchaînent”, je ferai une brève présentation des énergumènes: Les Spellman sont une famille déjantée de détectives privés dont la principale activité et de s’espionner et se faire chanter les uns et les autres. L’héroïne de l’histoire, Isabel “Izzy” Spellman tente désespérément de composer avec ce bagage familial instable et envahissant. Ajoutez à cela une forte dose d’humour vache et une pincée de bonnes intrigues à démêler et vous aurez la recette Spellman.
Le tome 3, “La Revanche des Spellman”, reste tout-à-fait dans la veine des deux premier ouvrages. Au début, j’ai même trouvé ça un peu redondant mais j’ai vite été convaincue par une intrigue comme toujours bien ficelée et un humour drôlissime.
En résumé: Alors qu’elle se retrouve enjointe par le tribunal à suivre des séances de psychothérapie, Izzy, qui est devenue plus ou moins SDF, se voit confier “L’affaire de la si peu soupçonneuse épouse d’Ernie Black qui ne le trompe probablement pas”. Parallèlement, son vieil ami octogénaire Morty, qui passe son temps à suçotter son dentier, se voit menacer de devoir partir vivre en Floride contre sa volonté; son frère David disparaît sans laisser d’adresse et la voiture d’Izzy change de place toute seule durant la nuit. Ajouter à ça un maître chanteur, une ado en plein pétage de plombs et des parents incontrôlables qui la harcèlent et vous aurez une idée du genre d’ennuis que doit affronter notre héroïne.
En ce qui me concerne, j’ai dévoré ce livre. Toujours aussi déjanté et politiquement incorrect. J’adooooooore!
Vivement la suite!

Mc Fit: l’ennemi du Mc Do…..

Dans le but de perdre les quelques sept kilos superflus qui me pourrissent continuellement la vie, j’ai décidé, sur les conseils à peine déguisés de l’Homme, de m’inscrire au Mc Fit de mon quartier.
Mc Fit. ça sonne un peu comme Mc Do. Détrompez-vous, la ressemblance s’arrête là. Car on vous y propose non pas de vous goinfrer, mais plutôt d’essayer de perdre du poids en y transpirant toute la sueur de votre corps. Râââââ!!!!!! Pour une Princesse Brunette sédentaire, plus artiste que sportive, c’est dur.
En fait, le Mc Fit n’est pas si éloigné que ça de son cousin le Mc Do: tout y est organisé de façon à ce que ça vous coûte le moins cher possible et avec le minimum de personnel: vous vous inscrivez sur une borne automatique avec signature électronique, vous recevez immédiatement votre carte de membre pour une année, durée minimale de l’abonnement, qui vous permet d’actionner l’ouverture du tourniquet de l’entrée. Et ça y est: le monde merveilleux du Mc Fit vous ouvre ses portes.
Premier jour:
Vous arrivez et, après avoir traversé toute la salle sur un espèce de Walk of Fame qui mène aux vestiaires où vous vous êtes changé, vous jetez un regard circulaire autour de vous et en tirez vos premières constatations:
Le lieu: aussi convivial qu’une salle de torture avec toutes ses machines plus inhospitalières les unes que les autres, vous vous attendez à vous surgir à tout moment un antique bourrel.
Le prof: c’est l’Homme Invisible. Eternellement absent quand vous avez besoin de lui pour régler la hauteur de votre selle de vélo, par exemple (exemple, par ailleurs, tout à fait aléatoire sans aucune forme de vécu possible), il surgit de nulle part pour augmenter la force de pédalage à la vingt-septième minute sur trente, au moment où vous n’en pouvez plus, dans le but sadique de vous anéantir.
Les habitués du lieu:
Le marathonien: Il courait sur son tapis roulant lorsque vous êtes arrivée, il courra toujours lorsque vous repartirez. Et ceci tout en alimentant la conversation avec son voisin de tapis. Rien que de le voir, vous manquez de souffle.
Le bôgosse: Il débarque, très sûr de lui, looké fitness des pieds à la tête en s’assurant d’un regard circulaire que tout le monde la bien repéré. Ne se donnant même pas la peine d’ôter ses Ray-ban Aviator, son regard se pose sur vous tel un scanneur d’aéroport et il vous bodychecke de haut en bas. Soudain, il fend l’espace dans votre direction, sourire au vent. Interdite, vous le voyez vous passer à côté pour aller saluer la bombe blonde sur le step derrière le vôtre. Ah ben oui, forcément…..
Le lourdingue bedonnant: il a la cinquantaine bien sonnée, un ventre à bière et vous fait des oeillades en levant des poids de l’autre côté de la salle. Ne le regardez surtout pas sinon il viendra illico s’asseoir sur le vélo à côté de vôtre…
Bon, il faut dire que le Mc Fit ne coûte que vingt euros par mois. A ce prix-là, on va pas s’en priver. Hein?

Laurent Gounelle: “Dieu voyage toujours incognito”

Je sais, ça fait longtemps que je n’ai rien posté. Mais j’étais en vacances, figurez-vous. Oui, Monsieur, oui Madame! Donc, du coup, j’en ai profité pour 1) ne rien faire 2) me goinfrer 3) lire.
C’est donc reposée et avec trois kilos en plus à déclarer à la douane autrichienne que je vais vous parler du dernier livre que j’ai lu.
“Dieu voyage toujours incognito”, de Laurent Gounelle, donc. Un titre ambitieux qui n’a pas manqué d’attirer mon attention, autant que le buzz qu’il a suscité à sa publication.
Le monsieur est déjà connu pour un précédent roman, “L’Homme qui voulait être heureux”, et ce second ouvrage s’inscrit dans la veine du premier, à savoir celui du développement personnel et de la réflexion sur notre propre existence.
L’histoire se passe à Paris, en été. Alan, né d’une mère française expatriée aux Etats-Unis et d’un père inconnu s’interroge sur le sens de sa vie. Ses conclusions le mènent à tenter, par un soir pluvieux, de mettre fin à ses jours. C’est alors qu’un homme intervient. Mystérieux, énigmatique, il promet à Alan une vie meilleure si celui-ci s’engage à faire tout ce qu’il exige de lui. Acculé, Alan accepte. Commence alors pour lui une série d’épreuves orchestrée par cet étrange et inquiétant individu. Alors qu’il voit son existence prendre enfin du sens, Alan s’interroge de plus en plus sur les réelles intentions de son nouveau mentor.
Je ne vous le cache pas, j’ai adoré ce livre. Le héros est attachant et on partage aisément ses doutes et ses angoisses vis-à-vis du mystérieux Yves Dubreuil. Plus le scénario se déroule devant nos yeux, plus on s’interroge…. et plus on apprend, également. Sur soi, sur nos peurs et nos conditionnements.
Ecrit à la manière d’un roman, il s’agit pourtant bien d’un livre sur le développement personnel que Laurent Gounelle nous offre une nouvelle fois. Et, lorsque le point final met un terme à nos apprentissages, on en ressort…. abasourdi.
Mu par un suspense étonnant, ce livre est l’oeuvre d’une grande plume. Assurément.