La photo viennoise de la semaine

Il y a, depuis peu, une nouvelle sculpture en métal à Scwarzenbergplatz. Prise en photo devant le monument en hommage à la Russie, je la trouve plutôt esthétique. Heureusement pour vous, vous n’aurez pas à faire les frais des bruits inquiétants qu’elle émet.

Voici encore quelques photos viennoises de la semaine.

“Le Montespan” de Jean Teulé

 

Bon, ben vous me voyez, là, telle que je suis, devant un espèce de dilemme. D’abord parce que c’est le premier roman de Jean Teulé qu’il m’ait été donné de lire. Ensuite parce qu’il m’a été chaudement recommandé. Egalement parce que, en général, côté lecture, j’ai des goûts assez hétéroclites. Et, enfin, parce que tout le monde (TOUT LE MONDE!!!!!) a adoré ce livre. Bon.

“Le Montespan” raconte l’histoire de Louis-Henry de Pardaillan, marquis de Montespan, dont l’épouse fut la grande favorite de Louis XIV. L’histoire d’un homme qui aima passionnément sa femme et n’eut de cesse de braver le Roi-Soleil pour tenter de la récupérer. Moqué par la Cour, trahi, menacé, le Montespan fut un cocu opiniâtre qui ne cessa d’aimer celle qui lui préféra le plus grand des monarques français.

Intrigues de cour, duels interdits par la loi, moeurs libertines de l’époque du Roi-Soleil, ce roman dépeint de façon très réaliste des faits historiques. Et, en ça, je l’ai vraiment bien aimé. Mais l’écriture…. Cette plume crue, d’une ironie qui frise la caricature, d’un réalisme presque malsain, d’un érotisme d’un goût douteux…. Enfin, je l’ai trouvée très dérangeante, très bousculante. Pourtant je ne pense pas avoir une sensibilité excessive. Mais bon, je n’ai pas adhéré à cette atmosphère et à la construction, étrange, du récit, entrecoupé d’images, conçu en un assemblage de scènes qui s’emboîtent bizarrement.

Okay, ça n’est pas très clair. Mais ce que je ressens ne l’est pas non plus. Ce livre m’a dérangée, agacée, troublée en même temps qu’intéressée.

Rien que pour cela, il vaut la peine que l’on y jette un oeil ou même plus.

“Le Montespan” a obtenu le Prix Maison de la Presse.

On a retrouvé Doby!

Pour ceux qui ont -à tort!- cru que Doby périssait dans le tome 7 d’Harry Potter, j’ai une bonne nouvelle:

Il semblerait que Doby ait trouvé un travail de mannequin permanent pour une entreprise de sanitaires située à la Glockengasse à Vienne….

Cependant, il n’a pas souhaité s’exprimer au sujet de son nouvel emploi.

Voici la photo viennoise de la semaine!

 

“Le Dernier des Weynfeldt” de Martin Suter

Bien que j’aie eu envie depuis longtemps de découvrir l’univers de Martin Suter, c’est mon amie Audelou qui, en me disant qu’elle adorait cet auteur, m’a rappelé que j’avais acheté, à sa sortie “Le Dernier des Weynfeldt”.

Je me suis donc plongée avec intérêt et curiosité dans ce roman plutôt atypique.

L’histoire se passe à Zürich. Adrian Weynfeld, riche héritier d’une vieille famille dont il est l’ultime représentant, y exerce le métier d’expert en art suisse pour la maison de ventes aux enchères Murphy’s. Par pur plaisir, évidemment, car il n’a nul besoin de travailler pour subvenir à ses besoins matériels. Mais Weynfeldt est un homme raisonnable et bien élevé. Il ne saurait rester oisif. Prévisible, cependant. Organisé, aussi. Honnête et droit surtout. C’est sans compter l’arrivée dans sa vie de Lorena. Femme mystérieuse, enfantine, un peu perdue, elle va l’émouvoir jusqu’à tenter de le corrompre, soulevant ainsi l’éternelle question: Jusqu’où peut-on aller par amour? Les sentiments que l’on éprouve pour une personne inconnue peuvent-ils, un jour, nous mener à notre perte? Y a-t-il forcément toujours un “happy end”? Autant d’interrogations que soulève ce roman magistral, mené de main de maître par un écrivain qui écrit de façon aussi imagée qu’un peintre exécuterait un tableau: de façon consciencieuse et pleine de sensibilité.

Je vous le conseille vivement!

 

“Windows on the World” de Frédéric Beigbeder

 

“Vous connaissez la fin: tout le monde meurt. Certes, la mort arrive à pas mal de gens, un jour ou l’autre. L’originalité de cette histoire, c’est que tous ses personnages vont mourir en même temps et au même endroit. Est-ce que la mort crée des liens entre les êtres?”

“Le seul moyen de savoir ce qui s’est passé dans le restaurant situé au 107ème étage de la tour nord du World Trade Center le 11 septembre 2001, entre 8h30 et 10h29, c’est de l’inventer.”

Avouez que cette quatrième de couverture du roman de Frédéric Beigbeder “Windows on the World” est alléchante. En ce qui me concerne, elle a piqué ma curiosité. Et je n’ai pas été déçue.

J’aime bien Beigbeder. Si on passe outre son côté trash de dandy cocaïné, il a plein de choses intéressantes à dire. Dures, drôles, tendres, loufoques. Mais jamais stupides. Au contraire, je lui trouve une réfexion presque visionnaire. En tout cas, ce roman sur le Onze Septembre est fichtrement bien amené et intelligemment conçu: en mettant en parallèle la vie de l’auteur avec celles des victimes des attentats, il nous offre une vision vitriolée de notre société, de notre lien avec l’Amérique et des raisons qui poussent une bande de barjos à se faire péter avec des avions dans des tours. Forcément tragique. Mais terriblement bien (d)écrit.

La plus petite maison de Vienne

Juste à côté de Volkstheater, un peu en dessus du Museumsquartier en direction de Spittelberg (à l’angle de la Burggasse), se trouve la plus petite maison de Vienne. Coincée dans un carrefour, dotée d’un étage mais pas beaucoup plus large que le pourtout d’une porte, cette pittoresque petite maison date de 1872. Toujours en excellent état, elle abrite aujourd’hui une bijouterie. Quelques photos:

“Le Mystère de Callander Square” d’Anne Perry

 

Après avoir dévoré, il y a quelques semaines “L’Etrangleur de Cater Street” d’Anne Perry, j’ai terminé en trois jours “Le Mystère de Callander Square”, du même auteur.

Pour petit rappel, cette série, mettant notamment en scène l’inspecteur Thomas Pitt et son épouse Charlotte, se passe en 1880 dans l’Angleterre de l’époque victorienne. On y retrouve les codes et protocoles sociaux qui étaient de mise en ce temps-là et les personnages du premier tome pour une nouvelle enquête passionnante et surprenante.

En effet, des jardiniers viennent de déterrer deux corps de nouveau-nés dans le jardin qui se trouve au milieu de Callander Square, à Londres. Bien que la nouvelle attriste passablement les habitants du lieu, pour ceux-ci, il ne fait aucun doute qu’il s’agisse de l’acte de quelque servante désespérée n’ayant pu assumer les conséquences de ses ébats. Ainsi, la vie continue autour du malheureux jardin: d’aucuns ne s’empêchent nullement d’avoir des aventures avec leur femme de chambre ou avec l’épouse d’un voisin. C’est tellement courant! Quant à d’autres, ils préfèrent faire chanter les premiers pour arrondir leurs fins de mois. C’est ainsi que, au final, peu de monde se préoccupe de savoir pourquoi la malheureuse Helena Doran, jeune vestale blonde et riche, a disparu il y a deux ans plus tôt dans des circonstances inexpliquées. Peu de monde peut-être, mais pas l’inspecteur Pitt qui enquête avec la quasi certitude que, sous ses apparences tranquilles, Callander Square cache bien des secrets….

En ce qui me concerne, j’ai adoré ce roman. Tout en étant dans le même style que le premier, la dynamique en est un peu différente. Le suspense est dense et l’intrigue remarquablement construite pour, au final, nous laisser pantelants et abasourdis. De plus, les personnages sont attachants. Du très grand roman policier!

 

Amerlingshaus, un centre culturel autogéré à Vienne

Située dans le quartier pittoresque de Spittelberg, à Vienne, l’Amerlingshaus est un centre culturel et associatif autogéré actuellement en risque de disparition. En effet, la Ville menace de retirer ses subventions, ce qui serait fort dommageable pour ce quartier très vivant entre Volksthater et Mariahilf.

En plus des nombreuses salles qu’elle met à dispositions pour divers projets et activités, l’Amerlingshaus possède un excellent restaurant au cadre bucolique et où l’on mange divinement bien. Que ce soit l’été, sous la treille de sa cour intérieur ou l’hiver, avec son bar à punsch, l’endroit attire un publique aussi large qu’hétéroclite.

Un lieu à découvrir!

“Les Visages” de Jesse Kellerman

 

Certains auteurs ont un don assez surprenant: celui de produire un premier roman aussi saisissant qu’obsédant. C’est le cas de Jesse Kellerman, qui bien que fils de deux auteurs mondialement connus (Jonathan et Faye Kellerman) a su se faire un prénom dans le monde impitoyable du roman policier.

Car ces “Visages” ne sont pas un roman noir de plus. Non. Ils sont littéralement une merveille de tension, de noirceur et d’humour comme peu de gens ont pu en écrire. Et, en ce qui me concerne, j’ai été électrisée, passionnée et bouleversée tour à tour en lisant ce livre.

L’histoire pourrait être celle d’Ethan Muller, galeriste new-yorkais qui découvre, du jour au lendemain, une oeuvre colossale et purement géniale laissée à l’abandon dans un appartement insalubre du Queens. Mais c’est également celle de l’artiste Victor Cracke que le public élève sur un piédestal à peine son oeuvre, torturée et violente, est-elle rendue publique. C’est également celle de Lee Mac Grath, policier à la retraite, terriblement malade, qui reconnait, dans l’oeuvre de Cracke, des visages d’enfants qui ont été violés et assassinés dans des conditions atroces et mystérieuses quarante ans plus tôt. Mais c’est avant tout une grande et troublante fresque familiale qui s’étale sur cent cinquante ans dans l’Amérique d’hier et d’aujourd’hui, qui, impitoyable, ne connaît que la loi de la réussite sociale et de l’argent….

En ce qui me concerne, j’ai adoré ce roman. J’ai aimé la façon drôle et grinçante dont est décrit le milieu de l’art contemporain new-yorkais ainsi que la manière de présenter la maladie mentale et la souffrance psychologique. J’ai aimé ces personnages, profonds, attachants ou détestables qui font de cette histoire un portrait de l’âme humaine dans ce qu’elle a de plus beau et de plus sombre.

Tout simplement magistral.

“L’Etrangleur de Cater Street” d’Anne Perry

C’est un coup de fil enthousiaste de mon amie Géraldine qui m’a d’abord titillée: “Je suis en train de lire “L’Etrangleur de Cater Street”, d’Anne Perry! claironne-t-elle. C’est un polar qui se passe dans le Londres de l’époque victorienne. C’est génial: il y a du suspense, de la romance et les imbroglios d’une petite communauté pleine de secrets”.

Comme mon amie Gigi a généralement beaucoup de flair en matière de lectures et que l’on tombe souvent d’accord sur les mêmes livres, je me suis empressée de commander le premier tome des aventures de Charlotte Ellison et de l’inspecteur Thomas Pitt.

L’histoire nous plonge dans un quartier londonien guindé en 1880. Ainsi, lorsqu’un tueur en série frappe en assassinant de manière atroce des femmes dans Cater Street, la peur gagne vite la haute bourgeoisie qui y habite. Qui serait capable d’une telle folie? Edward Ellison, père de famille respectable mais dont il apparaît rapidement que l’alibi n’est pas valable? Dominic, le beau-frère trop parfait et un peu intrigant? Maddock, le majordome irréprochable mais secrètement amoureux d’une des victimes? Lord Ashworth, le gentleman aux moeurs douteuses? Ou peut-être encore le pasteur, cet homme rigide et glacial que tout le monde déteste? Spectatrice impuissante du drame qui se joue autour d’elle, la jeune Charlotte Ellison, effrontée et téméraire, tente de prêter main forte à l’étrange et troublant inspecteur Pitt de Scotland Yard. Jusqu’au dénouement, forcément surprenant.

En résumé, ce livre est une perle! Je l’ai dévoré! Et j’ai immédiatement acheté la suite…. Il y a environs vingt-cinq tomes aux aventures de ces deux attachants personnages. Je vous conseille en tout cas vivement ce premier volet.

Bonne lecture!