“Le Mystère Giotto” de Iain Pears

 

J’aime beaucoup les livres de Iain Pears parce que, d’une part, ils se passent dans le monde de l’art et sont passionnants et érudits et, d’autre part, parce qu’ils sont mâtinés de cet humour british si irrésistible quand il est manié par la plume délicate et brillante de cet auteur!

Je continue donc dans ma lancée sur la série des aventures de Flavia di Stefano, policière s’occupant de la protection des objets d’arts à Rome, et de son chéri Jonathan Argyll, marchand d’art maladroit mais talentueux qui, ensemble, résolvent les enquêtes les plus épineuses et improbables!

Dans “Le Mystère Giotto”, on les retrouve sur la piste du plus génial des voleurs de tableaux de son temps: le surnommé “Giotto” à cause de l’aura de mystère qui l’entoure. Un petit village dans la campagne anglaise, un accident qui a tout l’air d’un meurtre, une châtelaine énigmatique et des galeristes en pleine crise. Sans parler des intrigues au sein même de la brigade de Rome. Voici donc les ingrédients de ce cinquième tome des aventures de Flavia et Jonathan.

En résumé, j’ai, comme toujours, adoré lire cet auteur et retrouver ces personnages. Une fois encore, j’ai été passionnée, amusée, surprise et portée par l’intrigue et le climat du livre. Du coup, je n’ai qu’un commentaire à formuler: vivement le prochain tome! Quoi qu’il en soit, je vous le conseille chaleureusement!

Bonne lecture!

“Mémoires mortes” de Patricia Cornwell

Il y a quelques temps, j’avais chroniqué le tout premier livre des aventures de Kay Scarpetta, datant de 1992. Aujourd’hui, je vais vous faire part de mes impressions sur ce deuxième tome, intitulé “Mémoires mortes” et paru en 1993 pour sa première traduction en français.

L’histoire commence par le meurtre de Beryl Madison, jeune romancière, qui a été violée et quasiment décapitée alors qu’elle venait juste de rentrer de Key West à Richmond, chez elle. Il apparaît rapidement que Beryl était harcelée depuis des mois par un inconnu qui la terrifiait. Alors pourquoi a-t-elle, le soir de son retour, laissé entré son agresseur chez elle après avoir déconnecté le système d’alarme? C’est la question que se posent Kay Scarpetta, la médecin légiste, et le flic Pete Marino, désormais tandem incontournable qui va mener l’enquête sur cette affaire. De plus, d’autres élémenent perturbateurs interviennent, comme le retour énigmatique de Mark James, ancien grand amour de Kay, qui semble beaucoup s’interresser à l’affaire pour des raisons dont la motivation reste trouble aux yeux de la légiste. Et puis, il y a ce mystérieux dernier manuscrit de la jeune auteure qui reste introuvable et que tout le monde convoite…..

Une fois encore, j’ai été littéralement happée par l’intrigue et les personnages. J’aime la rigoureuse Kay Scarpetta et l’imparfait mais consciencieux lieutenent Marino. Et le surprenant personnage de Mark James ajoute une note glamour à l’histoire.

Le roman est bourré de suspense et je vous avouerais qu’il vaut mieux ne pas le lire seul à la maison le soir tant il est sombre et inquiétant.

Une autre chose à noter est la désuétude des détails techniques. En effet, il y a eu une telle évolution technologique dans la vie de tous les jours et notamment dans les sciences forensiques que parfois, l'”arrièrisme” technique du roman fait sourire. Mais cela ne m’a pas vraiment gênée.

En conclusion, je vous conseille donc ce deuxième excellent roman de Patricia Cornwell pour son suspense et le charme irrésistible de ses personnages.

“A genoux” de Michael Connelly

 

Parmi les auteurs que j’étais curieuse de découvrir et dont je n’avais jamais rien lu figurait le très médiatique Michael Connelly. C’est donc avec beaucoup d’attentes que je me suis lancée dans la lecture de “A genoux”, une enquête de Harry Bosch.

Je vous briefe sur le pitch: Stanley Kent est exécuté de deux balles dans la nuque sur un belvèdère d’un quartier chic de Los Angeles. Harry Bosch est appelé sur place au milieu de la nuit. Or, lorsqu’on s’aperçoit que la victime transportait des matériaux radioactifs, la tension monte d’un coup et les fédéraux viennent mettre leur grin de sel. Ce qui n’est pas pour plaire à l’inspecteur Bosch qui n’a pas l’intention de faire de la figuration dans cette enquête. Entre paranoïa, intrigues politiques et terrorisme, il n’a que quelques heures pour dénouer cette intrigue.

En ce qui me concerne, j’ai beaucoup aimé ce livre. Il se lit vite et bien et son dénouement est palpitant et bien ficelé. J’ai eu un peu plus de mal avec le personnage de Bosch, le vieux briscard qui veut faire à sa méthode et se la joue en solo. Mais bon, si on fait abstraction de cela, c’est un très bon roman plein de suspense. Michael Connelly y brouille les pistes avec savoir faire et on se retrouve à la fin étourdi mais heureux.

A mettre entre toutes les mains!

“3096 Jours” de Natascha Kampusch

 

Disons-le carrément: j’étais franchement mitigée avant d’attaquer cette lecture sur le calvaire de Natascha Kampusch. Je trouvais qu’il y avait un côté voyeur et malsain à se plonger dans l’histoire de cette jeune femme, enlevée à l’âge de 10 ans par un homme qui l’a séquestrée pendant huit ans jusqu’à ce qu’elle parvienne à s’enfuir par ses propres moyens. Mais, en même temps, le personnage de Natascha m’intriguait: la surmédiatisation de son histoire et cette apparente abscence totale d’affect la rendait intéressante et presque inquiétante.

“3096 jours” raconte donc l’histoire de son enlèvement, un matin d’hiver à Vienne. Sa captivité, ce qu’elle a enduré, pendant ces 3096 jours qu’elle a compté un après l’autre en gardant l’espoir d’un hypothétique salut.

Ceux qui espérent trouver dans son témoignage des détails sordides d’ordres sexuel, et bien ceux-là seront déçus. Natascha fait volontairement l’impasse sur cet aspect afin de préserver le dernier bastion de sa vie privée.

En fait, ce livre est plutôt écrit à la manière d’un thriller psychologique où l’on voit s’affronter une victime qui se dépeint comme pas si innocente et un kidnappeur à l’esprit torturé et malade. Et plus on avance dans le récit, moins on entrevoit d’issue pour ce binôme. Finalement, d’elle ou de lui, dans ce huis-clos il ne doit en rester qu’un.

La fin, tout le monde la connaît tant elle a été relatée par la presse. Mais, au-delà de ça, ce qui est réellement intéressant, est de comprendre la démarche et le combat de Natascha pour tenter de garder son intégrité, sa force et sa raison malgré tout ce qu’elle a vécu. Car Wolfgang Priklopil, son ravisseur, n’a jamais réussi à la briser. Il s’est donné la mort le jour même de son évasion.

Voilà donc un livre prenant qui se lit d’une traite.