“La Page Blanche” de Boulet et Pénélope Bagieu

 

Tout d’abord, quel bel objet que cette BD issue de la collaboration de ses deux talentueux auteurs, Boulet et Pénélope Bagieu! Son épaisseur, sa couleur, sa couverture cartonnée….. Vous la tenez entre vos mains et déjà elle vous invite à la découvrir plus avant.

Alors vous l’ouvrez. Et, au fil des pages, loin d’être blanches, vous y faites la connaissance d’une jeune femme, Eloïse Pinson, qui se “réveille” assise sur un banc, dans Paris, sans avoir plus aucun souvenir de qui elle est ni de ce qu’elle fait là. Elle a oublié jusqu’à son nom, qu’elle apprend en trouvant ses papiers d’identité dans son sac.

Avec une certaine angoisse et aussi avec beaucoup de curiosité, vous la suivrez dans la recherche de son passé. Touchante, grinçante, dérangeante également, cette belle histoire se lit d’une traite et sans reprendre son souffle, comme on se noie, pour au final, au moment où l’on touche le fond, retrouver l’énergie pour donner la dernière impulsion vers la surface. Salutaire, tout simplement!

Si, comme je l’avais précédemment dit dans ce blog, je n’avais pas été pleinement convaincu par “Cadavre Exquis” de Mlle Pénélope, j’ai été totalement séduite par cette oeuvre en collaboration avec Boulet.Au delà d’une esthétique irréprochable, le scénario fait réellement mouche.

Un grand bravo aux deux auteurs!

“Quartier Lointain” de Jirô Taniguchi

Encore un manga à l’honneur, aujourd’hui! Et pas des moindre: celui dont je vais vous parler a déjà sa petite réputation. Il s’agit des deux tomes du merveilleux “Quartier Lointain” de Jirô Taniguchi.
Que tous ceux qui pensent encore que les mangas sont des oeuvres légères et creuses destinées à la (prime) jeunesse, lisent attentivement ce qui va suivre. Car j’espère parvenir à les faire changer d’avis.
Bon, je sais: c’est pas un truc sorti hier, ce “Quartier Lointain”. Et j’avoue que ça faisait un moment que j’avais envie de le lire. A ma décharge, les prix pratiqués dans le commerce sur les BD, et donc généralement les mangas, tuent souvent le désir. Donc, depuis quelques années, je l’observais, ce “Quartier Lointain”. Sur les étals des librairies, il me narguait, me tentait, m’appelait mais mon choix se portait toujours sur autre chose. Et, il y a une semaine, oh! merveille!, je les ai vus: les deux tomes de la BD. Ils étaient soigneusement rangés dans la bibliothèque de l’Homme. Oui oui! Celle-là même où je ne vais jamais fourrer mon nez!
Donc voilà: l’Homme possédait “Quartier Lointain”. Et visiblement depuis plusieurs années. Des fois, on croit se connaître, et puis, hop! on découvre que l’autre possède un livre que l’on voulait lire depuis longtemps. C’est fou, ça!
Bon, j’arrête de vous bassiner! Alors, ce “Quartier Lointain”? Ben en fait, c’est l’histoire d’Hiroshi Nakahara, un architecte de quarante-huit ans dont le passé comprend une énorme zone d’ombre: il n’a jamais pu s’expliquer la disparition de son père alors qu’il avait quatorze ans, laissant une famille, au demeurant heureuse, en état de choc. Mais la vie a encore quelques tours à jouer à Hiroshi. C’est ainsi que, à l’occasion d’une visite sur la tombe de sa mère, il se retrouve projeté dans le temps et échoue dans son corps d’enfant de quatorze ans. C’est ainsi qu’il va essayer de résoudre le mystère de cette disparition et, même, tenter de l’empêcher.
Je vais m’arrêter là dans la description de l’histoire. Je vous dirai encore que j’ai trouvé cette oeuvre touchante et magnifique. Simple et sans fard. Avec pour seule conclusion une question: qu’est-ce que le bonheur? Qu’est-ce qui nous rend heureux? Ou malheureux? Notre destin est-il tracé?
De plus, les personnages sont terriblement humains, dans leurs espoirs, leurs craintes et leurs doutes. Et, aussi, dans leurs rêves.
“Quartier lointain” a remporté l’Alph’Art du meilleur scénario lors du Festival d’Angoulême en 2003.

“Les Gouttes de Dieu” de Tadashi Agi et Shu Okimoto

Moi qui n’y connais strictement rien en matière de vin et qui ne trempe mes lèvres dans ce brevage que très rarement, j’ai été immédiatement attirée par l’idée d’un manga sur le sujet dédié aux incultes de mon espèce.
C’est donc avec un vif intérêt que je me suis lancée dans la lecture du tome 1 des “Gouttes de Dieu” de Tadashi Agi et Shu Okimoto. Un manga aussi intéressant qu’intelligent. Documenté d’abord, car on nous y présente des vins existant réellement avec leurs vraies étiquettes et leurs bouteilles originales. Didactique ensuite, car on y découvre toute la terminologie qui entoure le milieu du vin, les techniques de vinification, de décantage, les noms des cépages et j’en passe. Bref, on se fait une petite éducation en la matière. Et puis passionnant aussi. Parce qu’arrivée à la fin de ce tome 1, j’ai eu immédiatement envie d’ouvrir le tome 2 (courage: il existe vingt-cinq tomes dont seulement quinze traduits en français!!!). Magnifiquement esthétique enfin, avec des dessins d’une grande qualité qui sont un vrai régal pour les yeux.
L’histoire se passe (évidemment) au Japon. Miyabi, une jeune apprentie sommelière passionnée, rencontre suite à un conflit avec un client, un jeune homme du nom de Shizuku Kanzaki. Bien que se déclarant inculte en matière de vin, Shizuku démontre d’étonnantes aptitudes lors du décantage d’un grand vin. En même temps, il a de qui tenir: son père est un très célèbre oenologue. Ce dernier, justement, décide de mourir plus ou moins à ce moment-là, ne laissant à Shizuku l’accès à son héritage que s’il gagne un grand défi en battant un autre oenologue célèbre. Ledit défi consiste à découvrir douze grands crus ainsi que le meilleur de tous, les Gouttes de Dieu. Commence alors pour Shizuku une quête initiatique dans laquelle il sera épaulé par Miyabi.
En un mot comme en cent, j’ai adoré ce manga. Un vrai régal, si j’ose dire…. Je vous le conseille vivement.
Bonne lecture!

“La théorie de la contorsion” de Margaux Motin

Et on va rester dans la BD girly avec ce second tome des aventures de la bédéiste et illustratrice Margaux Motin.
J’aime Margaux Motin pour son politiquement-pas-toujours-très-correct, son humour salace et ses fringues de ouf!
Dans “La théorie de la contorsion” (qui ne peut pas passer pour un bouquin de physique quantique, comme me l’a asséné l’Homme lorsque je lui ai lu le titre), vous découvrirez la Margaux Motin multiple, ainsi qu’elle se représente: la bloggeuse, l’illustratrice, l’épouse, la mère, la fille, l’accro aux chaussures, la musicienne (oups!), la parisienne branchée et bien d’autres encore.
Tout ça dans un joyeux ensemble frais et divertissant que les filles qui se reconnaissent dans les caractéristiques citées plus haut ne manqueront pas d’apprécier.
Un bon moment.

“Joséphine 3” de Pénélope Bagieu

Tout d’abord, je dois vous demander pardon. Oui. Pardon de vous resservir une petite tranche de Pénélope Bagieu.
Mais que voulez-vous: c’est mon gourou. Mon idole, mon maître, mon pin-parasol.
Donc voilà. Je ne pouvais pas faire l’impasse sur ce tome 3 des aventures de Joséphine, intitulé “Joséphine change de camp”.
Parce qu’une fois encore, c’est une BD drôle, tendre, et inspirée dont les dessins et le trait m’enchantent plus qu’aucune autre.
Parce que, pratiquement, tout ce que fait Pénélope Bagieu vaut son pesant de pépites. A l’image de cette Joséphine, un peu décalée et à moitié folle (mais tellement comme nous) qui se lance dans la grande aventure de la vie à deux.
Je ne serais pas longue dans ce post car j’ai déjà parlé et reparlé de l’auteur et de son hérïone. Sachez seulement que ça vient de sortir en librairie, que ce sont les planches parues dans le Fémina et que c’est vachement bien!

Cadavre Exquis de Pénélope Bagieu

Vous me connaissez: j’adôôôôôre, j’idolâââââtre la talentueuse Pénélope Bagieu. Elle est une sorte de modèle pour moi, une inspiration constante. Voilà pourquoi je me suis précipitée pour acheter sa nouvelle BD, intitulée “Cadavre Exquis”.
Tout d’abord, j’ai été un peu surprise. Voire même décontenancée. Première chose: je trouve le dessin moins joli.
Ensuite, la trame de la BD n’est pas dans le style habituel de Pénélope. J’aime Pénélope parce qu’elle me fait rire. Son humour est pointu, léger, juste, typiquement féminin, mordant, frais, unique.
Or, là, elle s’essaye à un nouveau genre. En effet, l’histoire de “Cadavre Exquis” est plutôt grinçante, voire triste.
Difficile de vous en résumer la trame sans trop vous en dévoiler le contenu. Il faut juste que vous sachiez que ce n’est pas du tout aussi sautillant que “Joséphine”.
Personnellement, j’ai été un peu déçue, même si je dois tout de même saluer une fin étonnante.
ça ne change évidemment rien à l’admiration sans borne que j’ai pour cette grande artiste. J’espère juste que sa prochaine BD sera plus chic!

Adéle Blanc-sec en coffret collector!

Le site Alapage.com m’a donné la possibilité de m’offrir un livre ou une BD pour que je vous en parle dans ces lignes. Mon choix s’est porté sur le coffret collector Adèle Blanc-sec de Jacques Tardi (qui se compose des deux premiers tomes de la saga, “Adèle et la bête” et “Le démon de la Tour Eiffel“).

C’est un sujet qui colle à l’actualité cinématographique, car le film éponyme de Luc Besson est dans les salles obscures depuis environs un mois. C’est, en fait, grâce au film que j’ai découvert la BD. Je ne connaissais ni Tardi ni ses oeuvres.
L’histoire se passe au début du siècle dernier et l’intrigue est, ma foi, plutôt difficile à résumer car elle se dévoile au fil des tomes. Mais tout commence par l’éclosion d’un oeuf fossilisé de ptérodactyle au musée d’histoire naturelle du Jardin des Plantes. La créature a tôt fait de terroriser Paris au fil des victimes qu’elle laisse sur son passage. C’est alors qu’un riche américain offre une récompense à qui photographiera ou tuera la bête, lançant ainsi à ses trousses moult individus plus ou moins bien ou mal intentionnés. Parmi eux, Edith Rabatjoie. Mais qui est réellement Mademoiselle Rabatjoie? Et quel est son lien avec une certaine et insaisissable Adèle Blanc-sec? Et, enfin, quel est le lien entre Adèle et la Bête?
J’ai beaucoup aimé les deux premiers tomes que j’ai pu lire grâce à ce coffret. L’intrigue est complexe, bien ficelée, toujours surprenante, et pleine de rebondissements. J’ai aussi aimé les liens que l’auteur fait entre les personnages et les événements d’un tome à l’autre.
Adèle est un personnage obscur et attachant qu’on apprend à déchiffrer parcimonieusement au fil des pages.
En résumé, j’ai bien aimé ce coffret, également pour sa magnifique facture reprenant l’affiche du film.
Un petit bémol toutefois: je ne suis pas vraiment fan du dessin de Tardi, ce qui est tout de même important pour une BD. Mais c’est une question de goût!
Je crois que le coffret collector est en édition limitée, alors vous savez ce qu’il vous reste à faire!!!!!
Et puis, allez voir le film! Je ne l’ai pas encore vu car il n’est pas projeté à Vienne, mais j’attends le DVD avec impatience car les lancements m’ont vraiment donné envie de le voir!

Des BD pour fiiiiiiilles!!!!!

Comme j’étais dans une lancée chicklit, je me suis avalé dans la foulée deux BD dont je vais vous parler aujourd’hui. La première s’intitule “Love” et est le dernier jet de la bédéiste Hélène Bruller. La dame est connue pour son humour mordant et son regard drôlissime sur la femme et ses petits tourments. Compagne de Zep à la ville, elle a su se faire un nom à elle dans l’univers de la bande dessinée.
Dans ce “Love”, sous-titré “Mes amis, je vous aime. Surtout quand vous êtes nuls”, Hélène Bruller réunit, autour d’un dîner, ses amis et leur donne la parole. Du “hype-gay” à “l’hyperactive” en passant par “l’homme qui dit non”, elle passe en revue les spécificités de chacun avec un humour qui, je dois bien l’avouer, m’a un peu laissée de glace. A un tel point que, lassée et morte d’ennui, je n’ai pas achevé ma lecture de ce tome. Peu convaincant et souvent même un peu vulgaire, je n’y ai malheureusement pas trouvé mon compte.

Deuxième BD, “Les carnets d’Agnès” de la romancière Agnès Abécassis, a remporté un meilleur suffrage. Bien dessiné, faisant souvent mouche, il se lit avec plaisir, sans toutefois être d’un intérêt fracassant. Mais, léger et amusant, il permet de passer un bon moment. C’est exactement ce dont j’avais besoin en ce moment en rentrant le soir de mes cours d’allemand. Evidemment, c’est de la chicklit en BD, donc non-amateurs s’abstenir. Empruntez-le à une copine plutôt que de l’acheter…

PS: je n’ai pas réussi à insérer les deux liens Amazone car je suis nulle en informatique. Mais “Les carnets d’Agnès” est aussi en vente chez eux.

Margaux Motin, cette autre Pénélope

Coucouc à vous, p’tits chihuahas de mon coeur!
Aujourd’hui, on va de nouveau parler d’une BD. Ou plutôt d’une illustratrice.
Pour ceux qui me connaissent, même pas forcément très bien, il semble évident que je sois une fan, une afficionada, que dis-je, une inconditionnelle absolue de la génialissime Pénélope Bagieu. J’aime ses illustrations, j’aime son humour toujours juste et incisif, j’aime son blog et j’aime ses fringues. Et, jusque-là, il faut bien l’avouer, je la pensais unique en son genre. Et c’est toujours vrai. Mais, il y a peu, sur le blog de Deedee, j’ai découvert la BD de Margaux Motin. Et, de fil en aiguille, son blog. Et là, tout a semblé évident: j’aime ses illustrations, j’aime son humour, toujours juste et incisif, j’aime son blog et j’aime ses fringues. J’ai soudain eu l’impression de trouver en Margaux Motin une autre Pénélope. Mais, et c’est là que c’est magique, ce n’est pas tout à fait vrai. Proches mais dissemblables, surprenantes de complémentarité, les deux fausses jumelles en style se savourent et nous délectent avec drôlerie et esprit. Et c’est sans scrupule que l’on lit et relit chacune de leur publications.
Et puisqu’il est question de publication et que je vous avais dit que je vous parlerais de Margaux Motin, son livre “J’aurais adoré être ethnologue” est une pure merveille. Et pour vous en donner un petit avant-goût, je vous laisse lire la quatrième de couverture:
“J’aurais adoré être ehtnologue…. J’aurais étudié la symbolique de la chaussure à talon chez les Pygmées, observé la fréquence d’épilation de femmes en Amazonie, établi une typologie du bébé morue dans les sociétés inuit, j’aurais même probablement appris à construire une pirogue avec une bretelle de soutif et une tong, et pris des cuites à l’alcool de manioc. La vie aurait été une course folle, une nuit d’ivresse interminable, un vaste champ des possibles! Mais je suis une grosse feignasse, je vomis quand je suis soûle et j’ai peur des guêpes. Et puis de toute façon, tout ce que je sais faire, c’est dessiner….”
Et elle le fait si bien, Margaux Motin qu’il serait dommage de passer à côté de ses aventures inspirées du quotidien de cette héroïne girly et franchement hilarante.
A toutes les filles qui sont filles jusqu’au bout des ongles, donc. Aux fashonistas, aux jeunes mères pas toujours épanouies, aux épouses pas forcément modèles et aux autres, je conseille vivement d’aller faire un petit tour chez Mme Motin. Et plus si affinités.
Becs de votre Brunette

Soledad Bravi: Paris-Les Maldives

Salut à vous mes p’tits poulets!
Aujourd’hui, pour bien faire, on va parler lecture avec une BD aussi fraîche et revigorante qu’un petit cocktail sur la plage.
Il s’agit du très drôle “Pourquoi j’suis pas aux Maldives?” de Soledad Bravi.
Pour ceux à qui le nom de Soledad Bravi ne dit pas immédiatement quelque chose, sachez que la demoiselle est particulièrement connue pour ses illustrations rigolotes de la série de livres “Les paresseuse”.
Mais, et c’est là que ça devient intéressant, Madame Bravi ne se contente pas d’illustrations. Avec cette BD, elle nous fait découvrir son humour caustique et malin au fil des pages.
Drôle, opportun et volontiers grinçant, ce recueil de dessins et de petites histoires courtes parle à la citadine trentenaire un peu normbriliste et volontiers névrotique qui sommeille en beaucoup d’entre nous. Ses sujets favoris étant les régimes, la mode, les hommes et la vie de tous les jours dans une grande ville. Avec de grandes intérogations existentielles comme: “Pourquoi mon frère peut manger (au moins) trois fois plus que moi sans prendre un gramme” ou “Les plus et les moins du célibat”. Le constat final étant: “Pourquoi j’suis pas aux Maldives?”
Bref, un moment agréable où l’on sourit, où l’on rit et même parfois aux éclats. De quoi patienter en attendant la sortie du tome 2 du “Joséphine ” de la géniale Pénélope Bagieu qui ne sorait tarder…..
Becs et bonne détente.
Princesse Brunette