“Le Ravissement de Britney Spears” de Jean Rolin

 

Alors moi, je l’ai bien aimé ce roman de Jean Rolin. Pas adoré. Non. Mais bien aimé. Je l’ai trouvé drôle, truculent, juste et sacrément grinçant.

L’histoire raconte les efforts d’un agent secret français qui doit assurer discrètement la protection de Britney Spears dont la vie semble menacée par des extrêmistes islamistes. Dans un Los Angeles entre gloire et décadence, il va se familiariser avec le monde des paparazzi, des transports en communs et des stars elles-mêmes, dont Britney Spears à l’air d’être un peu au sommet de la pyramide alimentaire…. Du ridicule à l’absurde en passant par toutes les réalités mordantes que le pire de la société américaine contemporaine a à offrir, le narrateur nous livre sa vision désabusée de ses aventures à la poursuite de Britney. Jusqu’à son exil forcé au Tadjikistan.

Ce roman m’a fait éclater de rire parfois, rire souvent mais il m’a aussi laissé une drôle d’impression de malaise en le refermant. Et sourtout, il a très bien meublé mes trajets en train très nombreux ces derniers temps. Il a été une bonne distraction, même s’il ne me laissera pas un souvenir impérissable après l’avoir refermé. Je vous le conseille quand même pour passer un bon moment!

Bonne lecture!

“Rouge Abattoir” de Gilda Piersanti

 

“Rouge Abattoir” de Gilda Piersanti est le premier volume d’une quadrilogie intitulée “Saisons meurtrières”. Les quatre romans, se déroulant à Rome, ont pour cadre conceptuel “une saison, une couleur”.

On initie donc cette série en hiver 2000. La neige tombe sur Rome sans plus sembler devoir s’arrêter. C’est alors que l’on retrouve le cadavre atrocement mutilé d’une jeune femme, teintant les fêtes de Noël d’un rouge funeste. En fait, il s’agit du troisième meurtre de jeune fille en peu de temps. Le commissaire D’Innocenzo, en charge de l’enquête, réfute le thèse de tueur en série. Ces meurtres ont un mobile, selon lui. Dans cette théorie, il est rejoint par la troublante inspectrice Mariella De Luca. Ensemble, faisant fi de leur différences, ils vont s’appliquer à démasquer le tueur qui terrorise le quartier branché du Testaccio.

Ce roman, qui m’a été conseillé par mon amie Audelou, avec qui je partage des goûts littéraires assez proches m’a laisée un peu mi-figue mi-raisin. Je m’explique:

J’ai aimé cette ambiance très italienne de quartier, où le commissaire est appelé “dottore”, cette atmosphère trouble de ville enfouie sous une neige qui ne laisse aucun répit aux protagonistes. J’ai bien aimé aussi ces personnages troubles, meurtris, qui ont des secrets les uns pour les autres.

Cependant, je les ai aussi trouvés un peu cararicaturaux, peu novateurs, faciles à déchifrer, ainsi que l’intrigue qui était un peu prévisible.

Mais, même si je ne souhaite pas lire les trois autres volets de la quadrilogie, j’ai trouvé ce tome assez distrayant et intéressant.

Pour ceux qui sont fans, sachez que France 2 a adapté “Rouge Abattoir” à la télévision sous le nom d'”Hiver Rouge”.

Bon week-end pascal à vous!

“Jusqu’à la folie” de Jesse Kellerman

 

Quel talent, ce Jesse Kellerman! Son écriture est un florilège de sensations, qu’elles soient visuelles, olfactives, épidermiques… Il sait créer tout un univers accrocheur et des personnages hauts en couleurs. Lorsque je le lis, il me donne envie d’écrire, ce qui est loin d’être le cas de tous les auteurs dont l’ouvrage passe entre mes mains. Mais Jesse Kellerman a une écriture extraordinaire, dense et vivante. Et qui, mieux que lui, sait dépeindre la maladie mentale?

Car, après “Les Visages”, c’est à nouveau de ce sujet dont il est question dans “Jusqu’à la folie”, son second roman paru en France à ce jour.

L’histoire débute lorsque Jonah Stem, étudiant en médecine surmené, se porte au secours d’une inconnue agressée en plein milieu de la nuit dans une rue de Manhattan. Malencontreusement, lors d’un corps à corps désordonné, Jonah tue l’agresseur. Va alors commencer pour lui une longue descente aux enfers lorsque la très mystérieuse jeune femme qu’il a sauvée va vouloir lui témoigner sa reconnaissance…. à sa manière.

Le thème principal de ce roman extrêmement angoissant pourrait se résumer à la question suivante: jusqu’où peut-on aller par amour? Et qu’est-ce que réellement l’amour si ce n’est tenter de posséder l’autre? C’est à ces questions que Jonah va devoir tenter de répondre s’il ne veut pas aller jusqu’à la folie.

Un très beau roman. Très juste, très fort. On en redemande!

“Le Mystère Giotto” de Iain Pears

 

J’aime beaucoup les livres de Iain Pears parce que, d’une part, ils se passent dans le monde de l’art et sont passionnants et érudits et, d’autre part, parce qu’ils sont mâtinés de cet humour british si irrésistible quand il est manié par la plume délicate et brillante de cet auteur!

Je continue donc dans ma lancée sur la série des aventures de Flavia di Stefano, policière s’occupant de la protection des objets d’arts à Rome, et de son chéri Jonathan Argyll, marchand d’art maladroit mais talentueux qui, ensemble, résolvent les enquêtes les plus épineuses et improbables!

Dans “Le Mystère Giotto”, on les retrouve sur la piste du plus génial des voleurs de tableaux de son temps: le surnommé “Giotto” à cause de l’aura de mystère qui l’entoure. Un petit village dans la campagne anglaise, un accident qui a tout l’air d’un meurtre, une châtelaine énigmatique et des galeristes en pleine crise. Sans parler des intrigues au sein même de la brigade de Rome. Voici donc les ingrédients de ce cinquième tome des aventures de Flavia et Jonathan.

En résumé, j’ai, comme toujours, adoré lire cet auteur et retrouver ces personnages. Une fois encore, j’ai été passionnée, amusée, surprise et portée par l’intrigue et le climat du livre. Du coup, je n’ai qu’un commentaire à formuler: vivement le prochain tome! Quoi qu’il en soit, je vous le conseille chaleureusement!

Bonne lecture!

“Mémoires mortes” de Patricia Cornwell

Il y a quelques temps, j’avais chroniqué le tout premier livre des aventures de Kay Scarpetta, datant de 1992. Aujourd’hui, je vais vous faire part de mes impressions sur ce deuxième tome, intitulé “Mémoires mortes” et paru en 1993 pour sa première traduction en français.

L’histoire commence par le meurtre de Beryl Madison, jeune romancière, qui a été violée et quasiment décapitée alors qu’elle venait juste de rentrer de Key West à Richmond, chez elle. Il apparaît rapidement que Beryl était harcelée depuis des mois par un inconnu qui la terrifiait. Alors pourquoi a-t-elle, le soir de son retour, laissé entré son agresseur chez elle après avoir déconnecté le système d’alarme? C’est la question que se posent Kay Scarpetta, la médecin légiste, et le flic Pete Marino, désormais tandem incontournable qui va mener l’enquête sur cette affaire. De plus, d’autres élémenent perturbateurs interviennent, comme le retour énigmatique de Mark James, ancien grand amour de Kay, qui semble beaucoup s’interresser à l’affaire pour des raisons dont la motivation reste trouble aux yeux de la légiste. Et puis, il y a ce mystérieux dernier manuscrit de la jeune auteure qui reste introuvable et que tout le monde convoite…..

Une fois encore, j’ai été littéralement happée par l’intrigue et les personnages. J’aime la rigoureuse Kay Scarpetta et l’imparfait mais consciencieux lieutenent Marino. Et le surprenant personnage de Mark James ajoute une note glamour à l’histoire.

Le roman est bourré de suspense et je vous avouerais qu’il vaut mieux ne pas le lire seul à la maison le soir tant il est sombre et inquiétant.

Une autre chose à noter est la désuétude des détails techniques. En effet, il y a eu une telle évolution technologique dans la vie de tous les jours et notamment dans les sciences forensiques que parfois, l'”arrièrisme” technique du roman fait sourire. Mais cela ne m’a pas vraiment gênée.

En conclusion, je vous conseille donc ce deuxième excellent roman de Patricia Cornwell pour son suspense et le charme irrésistible de ses personnages.

“A genoux” de Michael Connelly

 

Parmi les auteurs que j’étais curieuse de découvrir et dont je n’avais jamais rien lu figurait le très médiatique Michael Connelly. C’est donc avec beaucoup d’attentes que je me suis lancée dans la lecture de “A genoux”, une enquête de Harry Bosch.

Je vous briefe sur le pitch: Stanley Kent est exécuté de deux balles dans la nuque sur un belvèdère d’un quartier chic de Los Angeles. Harry Bosch est appelé sur place au milieu de la nuit. Or, lorsqu’on s’aperçoit que la victime transportait des matériaux radioactifs, la tension monte d’un coup et les fédéraux viennent mettre leur grin de sel. Ce qui n’est pas pour plaire à l’inspecteur Bosch qui n’a pas l’intention de faire de la figuration dans cette enquête. Entre paranoïa, intrigues politiques et terrorisme, il n’a que quelques heures pour dénouer cette intrigue.

En ce qui me concerne, j’ai beaucoup aimé ce livre. Il se lit vite et bien et son dénouement est palpitant et bien ficelé. J’ai eu un peu plus de mal avec le personnage de Bosch, le vieux briscard qui veut faire à sa méthode et se la joue en solo. Mais bon, si on fait abstraction de cela, c’est un très bon roman plein de suspense. Michael Connelly y brouille les pistes avec savoir faire et on se retrouve à la fin étourdi mais heureux.

A mettre entre toutes les mains!

“3096 Jours” de Natascha Kampusch

 

Disons-le carrément: j’étais franchement mitigée avant d’attaquer cette lecture sur le calvaire de Natascha Kampusch. Je trouvais qu’il y avait un côté voyeur et malsain à se plonger dans l’histoire de cette jeune femme, enlevée à l’âge de 10 ans par un homme qui l’a séquestrée pendant huit ans jusqu’à ce qu’elle parvienne à s’enfuir par ses propres moyens. Mais, en même temps, le personnage de Natascha m’intriguait: la surmédiatisation de son histoire et cette apparente abscence totale d’affect la rendait intéressante et presque inquiétante.

“3096 jours” raconte donc l’histoire de son enlèvement, un matin d’hiver à Vienne. Sa captivité, ce qu’elle a enduré, pendant ces 3096 jours qu’elle a compté un après l’autre en gardant l’espoir d’un hypothétique salut.

Ceux qui espérent trouver dans son témoignage des détails sordides d’ordres sexuel, et bien ceux-là seront déçus. Natascha fait volontairement l’impasse sur cet aspect afin de préserver le dernier bastion de sa vie privée.

En fait, ce livre est plutôt écrit à la manière d’un thriller psychologique où l’on voit s’affronter une victime qui se dépeint comme pas si innocente et un kidnappeur à l’esprit torturé et malade. Et plus on avance dans le récit, moins on entrevoit d’issue pour ce binôme. Finalement, d’elle ou de lui, dans ce huis-clos il ne doit en rester qu’un.

La fin, tout le monde la connaît tant elle a été relatée par la presse. Mais, au-delà de ça, ce qui est réellement intéressant, est de comprendre la démarche et le combat de Natascha pour tenter de garder son intégrité, sa force et sa raison malgré tout ce qu’elle a vécu. Car Wolfgang Priklopil, son ravisseur, n’a jamais réussi à la briser. Il s’est donné la mort le jour même de son évasion.

Voilà donc un livre prenant qui se lit d’une traite.

“L’Hypnotiseur” de Lars Kepler

 

Je vous le dirai d’emblée: il y a pas mal de temps que je n’avais lu un livre aussi incroyable! “L’Hypnotiseur”, premier roman à quatre mains du couple suédois connu sous le pseudonyme de Lars Kepler est une oeuvre complexe et prenante.

Faisant monter l’angoisse jusqu’à un seuil quasi extrême, ce roman noir est un pur bijou de suspense et l’intrigue s’y déroule à une vitesse folle.

L’histoire commence lorsque Erik Maria Bark, autrefois connu pour ses talents d’hypnotiseur mais ayant abandonné cette pratique, est appelé au chevet d’un jeune garçon dont la famille a été massacrée avec une sauvagerie peu commune. En effet, Joona Linna, inspecteur à la Rikskrim, souhaite que le Dr Bark hypnotise le garçon, qui se trouve dans un état critique, afin de retrouver au plus vite sa grande soeur, dont il pense qu’elle est pourchassée par le tueur. D’abord réticent, Erik Maria Bark accepte. Mais les révélations que va lui faire le jeune Josef vont aller au-delà de ce qu’il pouvait imaginer. Et également déclencher une réaction en chaîne d’événements terribles et incontrôlables. Jusqu’au point de rupture….

L’intrigue de ce roman est haletante et terriblement machiavélique. Les personnages sont complexes. Entre enfants tueurs, patients psychiatriques gravement atteints, amour, trahison, adultère, enlèvement, sexe et perversion, Lars Kepler signe ici un thriller unique.

A lire de toute urgence!

“Les Vestiges de l’aube” de David S. Khara

 

Et si toutes nos perceptions étaient faussées? Si ce que nous croyions impossible avait réellement lieu? Si les vampires existaient vraiment et qu’ils portaient en eux les mêmes souffrances, les mêmes fêlures que le commun des mortels? Si ce qu’ils espéraient, après tout, était juste un peu de chaleur humaine et d’amitié à partager?

Ainsi se rencontrent Werner, vampire ayant eu une existence séculaire, et Barry, flic dans un New York en proie à une violence que le 11 Septembre n’a fait qu’attiser. Alors que Barry, à la dérive depuis la chute des deux tours qui lui ont tout pris, planche sur une enquête qui paraît insoluble, il s’évade le soir en chatant sur internet avec le mystérieux Werner. Plus leurs points commun les lient, plus Barry se dévoile. Mais il ignore qui est réellement Werner et quand celui-ci décide de se mêler de l’enquête du policier, tout devient hors de contrôle.

Je ne vous le cache pas, c’est une belle histoire. Une ode à l’amitié et à la différence. Qu’est-ce qui fait de nous des héros ou des monstres? Et si, au final, c’était tout simplement nos actes? Werner est un personnage extrêment touchant et on le suit jusque dans ses dérapages. C’est un être complexe et attachant et on saluera ici le talent de David S. Khara pour donner vie à ce personnage qui, en fait, de vie n’en a plus réellement mais qui souhaite tant exister!

Un très beau livre! Par l’auteur du désormais célébrissime “Projet Bleiberg”

“Faux rebond” d’Harlan Coben

Ceux qui suivent régulièrement ce blog le savent: je suis une fan inconditionnelle d’Harlan Coben. Jusque là, il ne m’a jamais déçue. Chacun de ses romans est un pur bijou de suspense et d’humour combinés et derrière les ingrédients de cette recette explosive se cache un savoir faire incensé pour maintenir le lecteur en haleine tout au long du récit.

Je ne vous le cacherai pas non plus: ma préférence, chez cet auteur, va aux aventures de son extraordinaire héros, Myron Bolitar. En effet, j’aime Myron et son humour vache, Win et son esprit décadent, la fidèle Esperanza, son assistante haute en couleurs, et la Grosse Cindy, ex-catcheuse reconvertie en improbable réceptioniste. J’aime les relations ténues entre le milieu du sport de haut niveau, la pègre et la police qui sont caractéristiques des romans mettant en scène Myron Bolitar. J’aime aussi ces retournements de situation incroyables que connaît l’intrigue à tout moment… pour une habituelle et surprenante apothéose finale.

Bref, dans “Faux rebond”, on retrouve tout l’art d’Harlan Coben à diriger Myron dans une intrigue qui semble inextricable:

Greg Downing, superstar du basket et ancien rival de Myron s’est littéralement volatilisé du paysage et ce en plein millieu du championat. Clip Arnstein, patron de son équipe, les Dragons, peu friand de publicité, engage Myron pour le retrouver. Ainsi, Myron va aller de surprises en découvertes macabres: entre un mystérieux et encombrant cadavre, une groupie nymphomane qui semble protéger le meurtrier, une ex-épouse pas vraiment complètement innocente et une équipe de basketteurs pas franchements hospitaliers, il va également devoir reprendre du service en tant que baketteur professionnel…. Une situation qui le confronte peut-être un peu trop à ses démons et l’implique de manière très personnelle.

En résumé, ce livre est passionnant! Que dis-je, trépident! Je n’ai qu’un conseil: si vous n’avez encore rien lu d’Harlan Coben, lancez-vous: vous deviendrez vite accros! Quand aux autres, et bien voici encore une intrigue très réussie!

Chapeau Maître Coben! On en redemande!

Bonne lecture!