« Les Visages » de Jesse Kellerman

 

Certains auteurs ont un don assez surprenant: celui de produire un premier roman aussi saisissant qu’obsédant. C’est le cas de Jesse Kellerman, qui bien que fils de deux auteurs mondialement connus (Jonathan et Faye Kellerman) a su se faire un prénom dans le monde impitoyable du roman policier.

Car ces « Visages » ne sont pas un roman noir de plus. Non. Ils sont littéralement une merveille de tension, de noirceur et d’humour comme peu de gens ont pu en écrire. Et, en ce qui me concerne, j’ai été électrisée, passionnée et bouleversée tour à tour en lisant ce livre.

L’histoire pourrait être celle d’Ethan Muller, galeriste new-yorkais qui découvre, du jour au lendemain, une oeuvre colossale et purement géniale laissée à l’abandon dans un appartement insalubre du Queens. Mais c’est également celle de l’artiste Victor Cracke que le public élève sur un piédestal à peine son oeuvre, torturée et violente, est-elle rendue publique. C’est également celle de Lee Mac Grath, policier à la retraite, terriblement malade, qui reconnait, dans l’oeuvre de Cracke, des visages d’enfants qui ont été violés et assassinés dans des conditions atroces et mystérieuses quarante ans plus tôt. Mais c’est avant tout une grande et troublante fresque familiale qui s’étale sur cent cinquante ans dans l’Amérique d’hier et d’aujourd’hui, qui, impitoyable, ne connaît que la loi de la réussite sociale et de l’argent….

En ce qui me concerne, j’ai adoré ce roman. J’ai aimé la façon drôle et grinçante dont est décrit le milieu de l’art contemporain new-yorkais ainsi que la manière de présenter la maladie mentale et la souffrance psychologique. J’ai aimé ces personnages, profonds, attachants ou détestables qui font de cette histoire un portrait de l’âme humaine dans ce qu’elle a de plus beau et de plus sombre.

Tout simplement magistral.

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