Quarantaine H1N1: j’ai testé pour vous!

Coucouc mes p’tits lapins!
Alors pour ceux qui ne le savent pas, je suis infirmière. Hé oui, c’est des choses qui arrivent. Des fois, c’est chic et d’autres fois moins. En ce moment, il y a le virus H1N1. Et ça, c’est nul. Le H1N1 est un gâche-métier pour les infirmières car nous sommes surexposées à l’épidémie.
L’hôpital, et plus particulièrement le service dans lequel je travaille, accueillent tous les cas suspectés de la régions. Ne nous voilons donc pas la face, je serai une des premières à l’attraper.
C’est ce que je me disais il y a quelques semaines déjà. Pourtant, lorsque j’ai commencé à avoir mal à la gorge, je n’ai pas pensé à ça. Pas plus que le lendemain quand j’ai eu de la fièvre. Toujours pas, haha!, le surlendemain quand j’ai annoncé à mon travail que je ne viendrai pas travailler parce que j’étais malade.
C’est alors que le bon Dr C., collègue et néanmoins ami de votre dévouée, m’appelle à la maison, sur mon téléphone portable, pour m’expliquer gentiment qu’on me croyait suspecte de H1N1 et qu’il fallait que je rapplique en vitesse dans mon service pour me faire frotter…
Youpie!
Je me rends donc sur mon lieu de travail où j’ai droit à une consultation avec ledit Dr C., la boîte de Tamiflu offerte par la Santé Publique et…. le frotti! Que dis-je: le Frotti.
Le frotti de dépistage H1N1 est une chose peu agréable. Et c’est un euphémisme. Le frotti H1N1 est atroce. Pour vous donner une idée, on vous enfonce un batonnet de 7 cm dans la cavité nasale. Pour faire plus imagé, vous avez l’impression, comme me l’a si justement dit le Dr C. avant de me le faire, qu’on vous aspire le cerveau à travers le nez. Mais ce n’est pas tout.
Alors que vous voilà arrivé à la fin de la consultation avec l’impression d’être convalescent d’une lobotomie, on vous donne une certaine quantité de masques chirurgicaux qu’on vous enjoint de porter et on vous assigne à demeure jusqu’à nouvel ordre.
Vous quittez donc les lieux l’air penaud, non sans passer devant la salle d’attente où d’autres pestiférés portant des masques attendent leur tour dans un coin spécialement aménagé pour eux.
Vous sortez dans la rue. Il fait chaud car on est en été. Vous portez un masque. Les gens vous regardent.
Comme vous allez devoir rester cloîtré chez vous pendant un temps indéterminé, il vous faut des vivres. Vous allez au supermarché. Les gens vous observent, vous et votre masque, avec horreur et vous vous dites que, dans une société moins évoluée, on vous aurait certainement brûlé sur un bûcher…
Vous passer les deux jours suivant au lit, amorphe, à économiser vos vivres pour qu’elles durent le temps de la quarantaine. Tout plutôt que de revivre l’épreuve “supermarché”. Pas de bisou de l’Homme, pas de café avec les copines, pas de shopping ni de ciné. Non. Juste vous et le H1N1.
Le coup de fil libérateur arrive quarante-huit heures plus tard quand on vous téléphone pour vous annoncer que votre frotti est négatif. Vous appelez l’Homme et le suppliez de vous emmener au restaurant le soir-même.
La bonne nouvelle est que vous n’avez pas le H1N1.
La mauvaise est que vous allez, forcément, finir par l’attraper. Et refaire toute la boucle.
Alors? Des glaçons avec votre Tamiflu?
Courage et becs de votre Brunette

3 réflexions au sujet de « Quarantaine H1N1: j’ai testé pour vous! »

  1. Qu’il dois être agréable de travailler avec ce Dr C.
    Des fois je me dis qu’il faudrait vraiment venir te voir dans ton hôpital, t’admirer dans ta tenue blanche flambante et t’écouter chanter et danser entouré de tous tes malades souriants qui dansent à ton rythme.
    Je t’imagine comme une reine de troupe de danse montrant l’exemple aux autre sur comment on peut profiter vraiment à fond de la vie.
    Laisse nous sourire de tes histoires tandis que les autres autous s’appitoyent dans leur tristesse coulante.
    Merci.
    Continue comme ça et prend tout le temps que tu peux pour nous faire partager ces moments.

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